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Greenwashing & Co. en marketing - Comment la RSE ne fonctionne pas | Appinio

Rédigé par Appinio Research | dimanche, 2.3.2025

La durabilité et le comportement éthique occupent une place croissante dans le monde des affaires, désormais globalisé et en constante évolution. Non seulement les consommateurs et les investisseurs sont de plus en plus attentifs aux engagements sociétaux et environnementaux des entreprises, mais ces dernières prennent également conscience de leur responsabilité écologique, économique et sociale. Nombre d’entre elles intègrent ainsi la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) au cœur de leur stratégie et s’efforcent de générer un impact positif mesurable.

 

Cet article explore la notion de responsabilité sociétale des entreprises : ses enjeux, ses principaux leviers d’action et les mesures qui en font partie. Il distingue un engagement authentique d’une simple stratégie d’image et met en lumière les risques liés aux pratiques de greenwashing et de pinkwashing. Enfin, il détaille comment les études de marché peuvent contribuer à la mise en place d’une stratégie RSE pertinente et efficace.

Que signifie la responsabilité sociale des entreprises ?

La responsabilité sociétale des entreprises, ou Corporate Social Responsibility (CSR), traduit l’engagement des entreprises en matière sociale et environnementale. Elle englobe les pratiques éthiques, l’impact sur l’environnement et la société, ainsi que les initiatives en faveur du bien commun.

Au-delà de ses effets positifs sur la planète et la société, la RSE constitue un levier stratégique qui améliore la réputation de l’entreprise, renforce la confiance des consommateurs et façonne positivement la perception de la marque. Pour maximiser ses bénéfices, une stratégie RSE doit s’appuyer sur des objectifs clairs et des actions mesurables sur le long terme.

Quel est l'objectif de la responsabilité sociale des entreprises ?

La RSE poursuit des objectifs multidimensionnels, conciliant impacts sociaux, écologiques et économiques :

  • Durabilité : Adopter des pratiques commerciales responsables et efficientes en matière de gestion des ressources afin de limiter l’empreinte environnementale.
  • Éthique et transparence : Assurer des pratiques commerciales équitables, conformes aux réglementations et alignées avec les attentes des parties prenantes.
  • Responsabilité sociale : Soutenir des initiatives locales et régionales ayant un impact social positif.
  • Bien-être des employés : Garantir la sécurité au travail, l’égalité des chances, la diversité et des conditions de travail justes.
  • Engagement sociétal : Contribuer à des causes majeures telles que l’éducation, la santé publique ou la justice sociale.
  • Renforcement de l’image de marque : Construire une réputation solide et instaurer une relation de confiance avec les clients et partenaires.
  • Performance économique durable : Favoriser la résilience et la compétitivité de l’entreprise à travers une création de valeur pérenne.

Quelles sont les mesures de RSE ?

Les entreprises peuvent déployer des initiatives variées pour remplir leurs engagements sociétaux et environnementaux. Parmi les actions les plus courantes figurent :

  • Réduction de l’empreinte carbone : Mise en place de stratégies de décarbonation et d’optimisation énergétique des sites industriels.
  • Commerce équitable : Sécurisation des chaînes d’approvisionnement via des achats responsables et des conditions équitables pour les fournisseurs.
  • Promotion de la diversité et de l’inclusion : Mise en place de politiques RH inclusives favorisant la mixité et l’égalité des chances.
  • Philanthropie et mécénat : Soutien financier à des initiatives sociales et environnementales.
  • Éducation et formation : Développement de programmes éducatifs et de formations continues à destination des communautés défavorisées.

Quelle est la différence entre la RSE et le développement durable ?

Bien que souvent associées, la RSE et la durabilité ne recouvrent pas exactement les mêmes réalités. La RSE concerne l’engagement des entreprises en faveur de la société et de l’environnement à travers des actions ciblées, tandis que la durabilité s’intéresse à la pérennité globale des activités économiques en veillant à ne pas épuiser les ressources naturelles et humaines. Une stratégie RSE réussie s’inscrit nécessairement dans une logique de développement durable.

Pourquoi les entreprises devraient-elles miser sur la RSE ?

Un engagement RSE sérieux et structuré ne se limite pas à une question de conformité réglementaire. Il représente une source de différenciation concurrentielle et un levier de performance :

  • Confiance et fidélisation des clients : Les consommateurs privilégient les marques alignées avec leurs valeurs.
  • Attractivité employeur : Une politique RSE solide favorise le bien-être et l’engagement des collaborateurs.
  • Réduction des risques : Anticipation des évolutions réglementaires et atténuation des risques de réputation.
  • Avantages économiques : Meilleure gestion des ressources et optimisation des coûts.

Voici à quoi ressemble la stratégie RSE parfaite

Il s'agit là d'un titre tout de même sensationnel, car après tout, la stratégie RSE parfaite n'existe pas. Tout dépend des objectifs, des valeurs et des circonstances des entreprises. Toutefois, il existe quelques caractéristiques d'une stratégie RSE réussie. La responsabilité sociale des entreprises devrait :

  • Être authentique et se fonder sur un engagement et des convictions réels, et ne pas servir uniquement à des fins de marketing
  • Être pertinente et répondre aux besoins spécifiques de l'entreprise, des collaborateurs, des clients et de la communauté
  • Être pensée à long terme et ne pas être considérée comme un petit projet avec un succès à court terme
  • Être transparente et rendre compte ouvertement et honnêtement des succès et des échecs
  • Être intégrée dans tous les domaines de l'ADN de l'entreprise afin de créer une valeur ajoutée concrète
  • Être mesurable, à l'aide d'objectifs concrets ou de KPI fixés
  • Être pensée de manière durable et apporter une contribution positive au climat et à l'environnement

La stratégie RSE "parfaite" correspond aux spécificités et aux objectifs d'une entreprise et mise, avec une orientation à long terme, sur un impact positif pour l'environnement, le monde du travail et la société.

Qu'est-ce que le greenwashing ?

Le greenwashing désigne l’utilisation abusive d’arguments écologiques à des fins marketing, sans engagement réel. Cette pratique trompeuse vise à séduire les consommateurs sensibles aux questions environnementales, mais elle peut rapidement s’avérer contre-productive. Lorsqu’elle est détectée, elle entraîne une perte de confiance, des critiques publiques et des risques réputationnels majeurs.

Exemples emblématiques de greenwashing :

  • Volkswagen et le Dieselgate (2015) : Manipulation des tests d’émissions pour présenter des véhicules faussement écologiques.
  • British Petroleum et son calculateur de CO₂ : Stratégie détournant la responsabilité des grandes entreprises vers les consommateurs.

Pourquoi le greenwashing est-il problématique ?

L'écoblanchiment est problématique à plusieurs égards : il sape la crédibilité des entreprises, car elles font de la publicité avec des messages en fait faux ou trompeurs. Les entreprises font miroiter au public une image verte et les consommateurs ignorants prennent une décision prétendument durable qui, dans de nombreux cas, cause encore plus de dégâts (environnementaux). La protection du climat est ainsi entravée. Le fait que les entreprises dépensent beaucoup d'argent dans le marketing d'écoblanchiment au lieu d'investir réellement dans la protection du climat et la durabilité est également critiquable.

Il est donc d'autant plus important de vérifier l'authenticité et la responsabilité environnementale réelle des entreprises afin de distinguer le marketing vert de l'engagement authentique. Ou du point de vue de l'entreprise : agir tout simplement de manière plus durable et communiquer de manière transparente.

Deux exemples éminents de greenwashing

Le greenwashing existe depuis longtemps, puisque le terme remonte à 1986. L'activiste environnemental Jay Westervelt a établi le terme lorsqu'il a critiqué une chaîne d'hôtels : celle-ci faisait de la publicité pour la protection d'une réserve naturelle régionale, mais prévoyait en même temps la construction de nouveaux complexes hôteliers dans cette zone même.

Les exemples de greenwashing sont nombreux, parmi lesquels : 

 

  • Le scandale des moteurs diesel VW : Volkswagen a fait de la publicité pour des voitures diesel respectueuses de l'environnement, dont les émissions sont faibles. En 2015, il a été révélé que VW utilisait un logiciel pour manipuler les résultats des tests et dissimuler les émissions réelles. Ce greenwashing s'est révélé être une fraude lourde de conséquences, qui a culminé avec une perte de confiance considérable et des conséquences juridiques pour VW. Mais le scandale a aussi eu du bon : des contrôles plus stricts et des efforts accrus pour améliorer le contrôle et la transparence des émissions dans le secteur automobile.

 

  • Le calculateur de CO2 de BP : Le géant pétrolier British Petroleum (BP) est l'un des plus gros pollueurs au monde, mais il veut constamment se donner une image plus verte. En 2004, l'entreprise a lancé un calculateur de CO2 qui permet aux gens de calculer leur empreinte carbone personnelle. Ce qui semble à première vue pratique pour le consommateur s'avère être une habile campagne de greenwashing : l'accent et la responsabilité ont été déplacés de la gigantesque empreinte carbone des compagnies pétrolières vers l'individu. Or, ce ne sont pas les individus qui sont les plus grands responsables des émissions nocives pour le climat, mais des entreprises comme BP, dont l'activité principale repose sur les combustibles fossiles et qui deviennent elles-mêmes des pollueurs pour l'extraction (mot-clé "Deepwater Horizon").

 

Mais qu'en est-il du côté des consommateurs ? Près de la moitié des Allemands n'ont jamais entendu parler de l'écoblanchiment !

En collaboration avec VAUDE, Appinio a interrogé les Allemands sur l'importance qu'ils accordent à la durabilité lors de l'achat de produits, sur l'importance qu'ils accordent à une communication transparente de la part des entreprises, sur la crédibilité qu'ils accordent à cette communication et sur l'impact que les cas de greenwashing ont sur eux.

Ce fait apparaît clairement : En Allemagne, les entreprises bénéficient d'une grande confiance en matière de durabilité - même si elles ont déjà fait l'objet de scandales de greenwashing dans les médias.

Tous les résultats de l'étude peuvent être consultés ici :

Comment éviter l'écoblanchiment ?

Les entreprises doivent privilégier des actions concrètes et mesurables plutôt que des initiatives purement communicationnelles :

  • Investir dans des projets de durabilité réels : passage aux énergies renouvelables, mise en place d’une supply chain responsable.
  • Obtenir des certifications indépendantes : labels reconnus comme Fair Trade ou FSC pour garantir la crédibilité des engagements.
  • Assurer une communication transparente : présenter les initiatives avec des preuves tangibles, sans exagération marketing.

Qu'est-ce que le pinkwashing ?

Le pinkwashing est une stratégie de marketing : les entreprises ou les organisations exploitent les thèmes et les symboles de la communauté LGBTQ (Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, Queer) afin de créer une image positive ou de détourner l'attention des questions critiques. Cette pratique est particulièrement répandue dans le contexte du mois de la fierté - en juin - et des événements LGBTQ tels que le Christopher Street Day.

Pourquoi les entreprises pratiquent-elles le pinkwashing ?

Le pinkwashing est une stratégie de communication utilisée par certaines entreprises pour projeter une image progressiste et inclusive en affichant un soutien apparent aux droits LGBTQ+. Ce positionnement leur permet, d’une part, d’améliorer leur réputation en véhiculant une image de marque engagée et tolérante, et d’autre part, d'attirer un public plus large, notamment les consommateurs sensibles aux questions de diversité et d'inclusion.

Cependant, au-delà de cet affichage, le pinkwashing vise souvent des objectifs commerciaux. La communauté LGBTQ+ représente un segment de marché attractif, avec un pouvoir d'achat significatif, que les marques cherchent à capter. Par ailleurs, cette stratégie peut aussi être utilisée pour détourner l’attention du public de controverses liées à l’entreprise, comme des pratiques de travail abusives, une empreinte écologique négative ou des scandales éthiques. Enfin, certaines entreprises adoptent le pinkwashing pour tenter de se différencier et d’obtenir un avantage concurrentiel, sans pour autant mettre en place de véritables politiques internes en faveur de l’inclusion.

Qu'est-ce que le rainbow-washing ?

Le rainbow-washing est une forme de pinkwashing où les entreprises utilisent les symboles LGBTQ+, notamment le drapeau arc-en-ciel, à des fins marketing, en particulier lors du mois des fiertés (Pride Month) ou d’événements LGBTQ+. Cette démarche cherche à donner l’illusion d’un engagement pour les droits LGBTQ+ et l’égalité, alors qu’en réalité, l’entreprise n’adopte aucune politique concrète en faveur de cette communauté.

Les motivations du rainbow-washing sont similaires à celles du pinkwashing :

  • Améliorer l’image de marque et capitaliser sur l’inclusivité perçue.
  • Stimuler les ventes en ciblant un public engagé sur ces thématiques.
  • Détourner l’attention des controverses internes ou externes.
  • Gagner un avantage concurrentiel sans adopter de véritables pratiques inclusives.

Pourquoi le pinkwashing et le rainbowwashing sont-ils problématiques ?

Ces pratiques sont souvent critiquées car elles manquent d’authenticité et sont perçues comme opportunistes. Lorsque les entreprises utilisent des messages inclusifs sans engagement concret, elles risquent de perdre en crédibilité auprès des consommateurs et des parties prenantes.

Les principales critiques à leur encontre sont :

  • Un engagement superficiel : une communication qui ne s’accompagne d’aucune mesure réelle en interne (politiques d’inclusion, soutien à des organisations LGBTQ+, etc.).
  • Une instrumentalisation de la cause LGBTQ+ : ces entreprises exploitent des thématiques sociétales pour améliorer leur image et accroître leurs profits.
  • Un impact négatif sur la communauté : ces pratiques peuvent minimiser les véritables enjeux de la lutte pour l’égalité et détourner l’attention des actions réellement engagées.

Exemples de pinkwashing et de rainbowwashing

Ces pratiques sont particulièrement visibles autour du Pride Month en juin. De nombreuses entreprises adoptent alors des visuels arc-en-ciel sur leurs logos et leurs produits, avant de revenir à leur communication habituelle dès juillet.

  • Mercedes-Benz et BMW (2021) : pendant le mois des fiertés, ces marques ont coloré leurs logos aux couleurs de l’arc-en-ciel sur leurs réseaux sociaux… sauf dans certains pays où l’homosexualité est pénalement réprimée, soulevant ainsi des accusations de rainbow-washing.
  • Daimler et la campagne “Mercedes-Benz Pride” : en 2021, l’entreprise a mis en avant un engagement apparent pour les droits LGBTQ+, mais sans actions tangibles ni initiatives internes favorisant l’inclusion.

Comment les études de marché peuvent éviter le greenwashing et le pinkwashing

Certaines entreprises tombent dans le piège du greenwashing ou du pinkwashing en croyant adopter une stratégie RSE efficace, alors qu’elles véhiculent des messages perçus comme opportunistes ou trompeurs. Les études de marché permettent d’identifier ces risques en amont et d’assurer une communication plus authentique et alignée avec les attentes des consommateurs.

Grâce aux outils d’analyse marketing, il est possible de :

  • Évaluer la perception des consommateurs vis-à-vis des engagements affichés par l’entreprise.
  • Tester les messages publicitaires pour mesurer leur crédibilité et leur impact sur l’image de marque.
  • Segmenter les audiences en fonction de leur sensibilité aux questions sociétales.
  • Analyser la performance des campagnes RSE à l’aide d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs.

Vous voulez une démo ? Nos experts en recherche se feront un plaisir de vous démontrer le fonctionnement de la plateforme Appinio et comment vous pouvez segmenter vos groupes cibles, tester des messages publicitaires, suivre des campagnes ou des marques et utiliser les données obtenues !

 

 

Conclusion : apporter une valeur ajoutée avec une RSE sérieuse 

Dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus attentifs à l’authenticité des engagements des entreprises, le greenwashing et le pinkwashing représentent des risques majeurs pour la réputation des marques.

Une RSE efficace et crédible ne doit pas se limiter à un affichage marketing, mais s’appuyer sur des actions concrètes et mesurables. En adoptant des engagements sincères et en les communiquant de manière transparente, les entreprises peuvent renforcer leur image de marque et fidéliser leur clientèle.

 

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